Le PageRank sculpting

Le PageRank, c’est l’indice de popularité d’une page selon Google. Il dépend des liens externes ou internes qui pointent vers cette page et également de la qualité des sites d’où viennent ces liens. C’est un système de « notation » de la page web. Ce système, combiné à d’autres critères de référencement naturel, contribue à quelle sera la place attribuée à une page sur la SERP. Le PageRank s’exprime sur une échelle de 1 à 10. Attention, cet indice qui prend en compte la qualité des backlinks prend également en compte leur quantité : plus il y a de liens sur une page, plus le poids de chacun est faible dans la notation.

Cet indice de popularité produit du « jus de liens » (ou « link juice »), c’est-à-dire la transmission de la popularité d’une page par l’intermédiaire des liens.  Afin de gagner du  jus de liens, il est possible d’utiliser une pratique appelée PageRank sculpting et qui consiste à faire gonfler de manière artificielle la popularité de certaines pages privilégiées par le chargé de référencement.

Comment fonctionne le PageRank sculpting ?

Bien connue des agences SEO, cette technique consiste à « sculpter », c’est-à-dire ici donner l’orientation que l’on souhaite au PageRank de son site. Le référenceur va en quelque sorte guider les robots d’indexation vers les pages qu’il estime être les plus à même de donner du poids à l’optimisation de son site. En canalisant ainsi le jus de liens, il augmente la popularité de son site auprès des robots d’indexation.

Comment faire pour éloigner les robots de certaines pages tout en les entrainant vers d’autres, sans rendre invisibles les pages moins « bankable » pour l’indexation aux internautes ? Longtemps a été utilisée la technique du nofollow. Cet attribut a été créé par Google, Yahoo ! Et Microsoft en 2005 pour endiguer la pollution engendrée par les commentaires sans intérêt qui ne servaient qu’à donner des liens vers les pages d’où provenaient ces contributions. Cet attribut nofollow, présent dans les pages sources permettait d’indiquer aux robots de ne pas prendre en compte les liens en question.

Cependant, en 2009, Google change d’avis et prend finalement tous les liens en compte. Ainsi, s’il y a 10 liens sur une page dont 9 sont en nofollow, la seule page en dofollow reçoit 10% du link juice et les 9 autres ne reçoivent rien. Bien évidemment, on constate une déperdition du jus de liens, ce qui est dommageable. L’attribut nofollow n’a donc plus l’effet escompté concernant les pages classiques, mais Google préconise néanmoins de l’utiliser sur les pages qui doivent être exclues du référencement, par exemple sur les commentaires de blogs (cela décourage les trolls).

Du coup, peut-on encore faire du PageRank sculpting ?

Puisque Google a renoncé à l’attribut nofollow qui permettait de rendre certaines pages invisibles aux robots d’indexation pour en privilégier d’autres, quelles autres méthodes peut-on utiliser pour faire du PageRank sculpting sur un site ? Comment détourner le jus de liens de pages qui par exemple ne rapporteront rien à un site e-commerce (les CGV, les mentions légales ou la page de contact) ? Parmi les solutions :

  • Il est utile de vérifier que ces pages à faible valeur ne fassent pas l’objet de liens trop nombreux sur d’autres pages du site. Ces liens doivent-ils vraiment apparaître sur toutes les pages ?
  • On peut aussi éviter les distractions qui font sortir du site comme l’omniprésence des liens vers les réseaux sociaux.
  • On peut utiliser une tactique proche du PageRank sculpting, le siloing : sur un site Web, on installe des liens internes entre des thématiques similaires. Ce système permet l’optimisation du référencement de chaque « silo » thématique créé.
  • On peut également travailler d’autres approches du maillage interne. Le but étant de mener les robots d’indexation vers les pages à fort potentiel de popularité, il faut travailler l’architecture de son maillage interne en fonction. Par exemple, il faut éviter de créer des liens internes vers des pages à pauvre valeur ajoutée.
Il est donc possible de faire du PageRank sculpting sans l’attribut nofollow ou d’utiliser des techniques qui s’en rapprochent. Le but étant de récupérer du jus de liens pour ses pages, il est primordial de travailler la structure de son site, son contenu sémantique et l’architecture de l’information. En effet, plus la page source a un PageRank élevé, plus la page cible bénéficie de sa popularité. Privilégier des liens moins nombreux mais qui ont réellement une valeur ajoutée se révèle donc essentiel si l’on veut bénéficier des retombées potentielles d’un PageRank élevé. S’il n’est pas l’unique critère retenu par Google pour classer un site sur la SERP, il ne doit pas être négligé lors d’un projet SEO.